Le sauvetage des faons
Pourquoi des milliers de faons sont menacés chaque printemps et comment le drone thermique permet de les sauver.
Chaque année en Suisse, plusieurs milliers de faons sont involontairement tués lors des fauches printanières. Cachés par leur mère dans les hautes herbes, ils se retrouvent en danger face aux faucheuses. C’est pour remédier à cette tragédie et venir en aide aux agriculteurs que Sauvetage Faons Jura bernois a été créé.
Une stratégie de survie devenue fatale
Entre mai et juin, les chevrettes cachent leurs petits dans les champs pour les protéger des prédateurs. Le faon, inodore et camouflé par son pelage moucheté, se tapit dans l’herbe et reste parfaitement immobile à l’approche d’un danger. Durant ses deux premières semaines de vie, il est encore trop faible pour fuir : il ne se lève que pour téter, quand sa mère vient l’allaiter.
Cette immobilité, efficace contre les prédateurs, lui est fatale face à la faucheuse. Au lieu de s’enfuir, le faon reste figé et se fait happer par la machine. L’événement est dramatique pour l’animal, traumatisant pour l’agriculteur, et la chevrette ne retrouvera plus son petit.
Un risque aussi pour le bétail : un faon mort dans le fourrage peut entraîner une contamination par le botulisme, une bactérie mortelle pour le bétail. Le drame dépasse donc la perte de l'animal — c'est aussi un enjeu sanitaire pour l'exploitation.
Le drone thermique
Équipés de caméras thermiques, les drones survolent les champs et détectent les faons grâce à leur chaleur corporelle. Quelques minutes suffisent pour couvrir plusieurs hectares.
Le faon est dans l'idéal laissé sur place et protégé sous une caissette. Un drapeau signale sa position à l'agriculteur, qui fauche tout autour.
Si on doit le déplacer, on le manipule avec une poignée d'herbe : tout contact transmettrait notre odeur et le rendrait repérable par les prédateurs.
Pourquoi agir tôt le matin ?
La caméra thermique repère les faons grâce à l'écart de température entre l'animal et le sol. Plus le sol est frais, plus la détection est fiable. Nous survolons donc les zones à faucher le matin, entre 4h et 8h30, avant que le soleil ne réchauffe le terrain — et parfois après 18h pour les fauches de fin de journée.
Découvrez notre action
Une méthode rapide et efficace
Le nombre de faons sauvés varie chaque année selon la météo et le déroulement des fauches. Certains printemps particulièrement pluvieux ou ensoleillés affectent fortement le calendrier agricole et notre nombre d'interventions. La saison 2024, exceptionnellement pluvieuse, en est un bon exemple.
Le service est assuré par des bénévoles et reste entièrement gratuit pour les agriculteurs.
Nos équipes sur le terrain










Le marquage des faons
En collaboration avec le canton, notre association participe depuis plusieurs années au marquage des faons. C'est pourquoi il arrive d'observer un faon, ou un chevreuil adulte, portant une boucle à l'oreille.
Chaque faon marqué fait l'objet d'une fiche. Lorsqu'un chevreuil bagué est retrouvé mort, on peut en déterminer la cause et mesurer la distance entre son lieu de naissance et celui de sa mort. Ces données alimentent des études sur les déplacements et la survie de l'espèce.
Ce suivi nous réserve parfois de belles surprises : observer un chevreuil adulte avec sa boucle, c'est reconnaître un faon que nous avions sauvé. Nous avons même eu la joie de voir une chevrette baguée accompagnée de son propre faon, lui aussi marqué - deux générations protégées.
Le marquage est réalisé uniquement par des membres formés, avec toutes les précautions nécessaires.
Vous aussi, agissez pour les faons
Que vous soyez agriculteur, bénévole ou simple soutien, vous pouvez nous aider.
